Jumo x Cela – Dérive


En janvier dernier, galerie Arts Factory, on exposait à l’occasion de notre 4e Nuit Néoprisme les artworks les plus brillants du label Nowadays Records, des sucreries de l’agence Akrolab pour La Fine Équipe au bestiaire taxidermique de Fakear, des photographies superposées de Skence au digitalisme futuriste et nerd du Polybius Studio, pour les besoins du premier album de Le Vasco. Au croisement de la rue de Charonne et de la rue des Taillandiers, on exposait alors aussi les dessins, d’une élégance et d’une finesse folle, conçus par le collectif Cela, par le biais de Nina Guy, là pour illustrer l’univers onirique, électronique et sinueux de Jumo, le projet de Clément Leveau, qui pense avec Nina l’univers graphique de ce projet infiniment visuel.

Après Nomade, premier long EP dominé par son titre terminal, « Pli », Jumo fait aujourd’hui paraître Dérive, même format, même label, et même processus de création pour mettre en place ce visuel, une fois encore, conçu par les gestes délicats de Nina, qui nous l’explique, ce nouvel artwork qui valide un peu plus encore l’exceptionnelle patte visuelle du projet Jumo :

« La cover de Dérive est un portrait de Clément. L’idée de base était de rester dans la même esthétique épurée déjà engagée pour le début du projet avec l’EP Nomade notamment : dessin au trait noir sur fond blanc.

Il avait flashé sur un autoportrait dans le même style « déstructuré » que j’avais fait de moi (ma photo de profil Facebook). Je lui ai proposé de faire le sien, on s’est dit que ça correspondait bien à la progression visuelle du projet : avec Nomade on avait un visage assez neutre, ici le style est plus explicite, plus figuratif mais tout en gardant l’idée de lignes simples, épurées.

Avec le terme Dérive je voulais transcrire le concept de déviation, de détournement en travaillant la notion de double (thème cher à Jumo) qui est ici présente avec le visage qui semble se décomposer en deux parties. L’idée c’était vraiment de sentir la dualité tout en créant un ensemble harmonieux et équilibré. Les 2 visages se font comme face mais semblent n’être finalement que les parties d’un même tout. L’aspect éclaté d’éléments indépendants les uns des autres pourrait même faire penser à une sorte d’allégorie de la schizophrénie. Chaque trait semble flotter dans l’espace et j’espère que ce dessin qui est comme « ouvert » pourra laisser place à l’imagination de chacun.

Je l’avais déjà évoqué pour Nomade mais une de mes inspirations est le mouvement surréaliste, à travers le corps fragmenté, qui se transforme, qui est soumis à un mouvement de métamorphose. Il suggère un imaginaire qui efface les limites entre un monde extérieur et un monde intérieur. C’est surement pour cela qu’on a décidé d’un commun accord de ne pas mettre de texte apparent, pour laisser complètement le dessin « parler ».

Le son

Cérébral et frontal, onirique et mélancolique, aérien et terrien, Dérive, le nouveau disque de Jumo accumule chemins sinueux et lignes droites, et poursuit la jolie ascension déjà bien débutée avec Nomade, son premier (très) long EP sorti sur Nowadays. Qu’importe où la dérive mène : on y fera forcément du chemin.

Jumo (Facebook / Twitter / Soundcloud / Instagram)

Cela (Site officiel / Instagram / Youtube)

Jumo, Dérive, 2017, Nowadays Records, 31 min., artwork par Nina Guy du collectif Cela

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