Metz x Nick Helderman – Automat


Metz (pour « mess », c’est-à-dire « bordel »), l’un des projets de punk hardcore les plus fascinants de la dernière décennie (trois albums entre 2012 et 2017, et une panoplie de singles depuis 2009) s’apprête à sortir (le 12 juillet) un album de raretés, de faces B et d’inédits, comme cela est parfois d’usage lorsque les raretés, les faces B et les inédits se cumulent suffisamment pour pouvoir former, ensemble, un nouvel album. « Nous avons décidé de sortir Automat après avoir vu que nos premiers maxis étaient revendus sur le net à 60 dollars pièce ! Nous voulons que ces titres soient accessibles à tous à prix normal », dit Alex Edkins, le chanteur et guitariste d’un trio qui aurait donc avant tout pensé à ses fans au moment de concevoir cette compilation. On n’est pas obligé de le croire, mais on n’est pas, non plus, obligé de le prendre pour un vilain menteur.

Coulisses

C’est que le trio (Alex Edkins, Chris Slorach, Hayden Menzies) originaire de Toronto, dans la partie anglophone du Canada, est habitué à offrir beaucoup, à ses fans, une générosité qui se constate essentiellement en live, où les trois garçons paraissent, systématiquement, défendre leur vie toute entière sur scène. C’est à cet aspect-là (le live amphétaminé) que le groupe a décidé de faire occurence pour illustrer cette compilation. Sur le visuel d’Automat, image en noir et blanc signée par un photographe – Nick Helderman – habitué à capter l’essence de groupes signés chez les labels rock et pop les plus branchés d’Amérique du Nord, de Burger Records à City Slang, d’Heavenly Recordings à Secretly Canadians, de Jagjaguwar à Sub Pop Records (c’est le cas de Metz), on voit en effet un Alex euphorique et transcendé, le corps au sol et l’esprit dans le ciel, photographié depuis les coulisses en train d’exécuter, c’est une possibilité, un riff guitareux que l’on devine dévastateur.

Un artwork, enfin, qui prend le contre-pied de ce que le groupe avait, visuellement parlant, proposé jusqu’alors, puisque les trois premières pochettes de Metz cherchaient dans le métaphorique ce qui est signifié, sur Automat, de manière absolument frontale : la rage viscérale d’un groupe qui plongerait sans doute dans les abysses s’il n’avait pas la scène pour exténuer toutes les tensions si longuement accumulées…

Le son

Faces B ressorties (« Pure Auto », « Dry Up »), démos exhumées d’outre-tombes (celle de « Wet Blanket »), versions alternatives (« Negative Space »), reprises de titres d’autres (« Pig » de Sparklehorse, « I’m a Bug » de The Urinials)…  Automat est un album essentiellement réservé aux fans, et s’il a le mérite de remettre en avant des versions forcément plus confidentielles du catalogue du groupe, il fait surtout patienter la solide fan-base de Metz dans l’attente d’un quatrième album, qui devrait arriver dans les mois à venir.

Metz (Site officiel / Facebook / Twitter TumblR / Bandcamp)

Metz, Automat, 2019, Sub Pop Records, artwork par Nick Helderman

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