Gonjasufi x Timothy Saccenti x Hassan Rahim – Mandela Effect


Lorsque le monde apprend en 2013 le décès de Nelson Mandela, l’immense symbole de la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud et premier président du pays élu lors d’une élection non  ségrégationniste, certains – bien mal renseignés il est vrai – s’étonnent. Nelson Mandela, n’était-il pas mort lors de son très long séjour en prison (de 1964 à 1982) ? Devant le ridicule et l’improbabilité d’une situation qui en concerne plus d’un, une expression émerge : le Mandela Effect, qui donne un cadre à ces personnes qui émergent dans un monde que le plus grand nombre juge alors « parallèle »… Dans ce cas-ci, finalement, une histoire de résurgence inattendue.

L’après Passion

L’idée de résurgence, forcément, elle colle bien avec cette image, confectionnée par le duo Hassan RahimTimothy Saccenti (déjà l’auteur du visuel de Callus), et par cette croix christique placée au centre du propos, qui renvoie à la scène de la Passion, et plus encore, à celle de la Résurrection. On réutilise ainsi, avec cet artwork plus noir que noir, un schéma qui avait déjà fonctionné sur le visuel de Callus, où l’on trouvait alors non pas une, mais trois croix, placées dans un environnement si sombre qu’il ne laissait, alors, rien présager de bien optimiste.

Gonjasufi x Timothy Saccenti – Callus

Une nouvelle vie, finalement, pour Mandela, une nouvelle vie alors pour le Christ, et, lien alambiqué entre tous ces éléments qui attestent d’un bagage culturel solide chez celui qui a décidé de les mettre en relation, une nouvelle vie pour les morceaux qui figurent sur ce nouveau disque de Gonjasufi, de retour dans le game avec cette importante collection de remixes, inédits et reprises issus de sa discographie, complétée ainsi d’un cinquième album. Filiation complexe, filiation habile.

Le son

Dans la même ambiance lugubre, désespérée et chaotique que Callus, son album sorti en 2016 qui dressait alors un panorama apocalyptique du monde contemporain, Mandela Effect refonde, repense et revisite un passé discographique qui commence à être dense, et s’entoure, pour le faire, d’un casting , de Daddy G (Massive Attack), à Shabazz Palace, d’Anna Wise à Tony Allen, de Rustin Man à Santino Romeri. Pour dire le chaos, autant être nombreux.

En concert dans l’enceinte, tout aussi sombre, du Badaboum, le 3 mai prochain. Plus d’infos par ici.

Gonjasufi (Site officiel / Facebook / Twitter / Soundcloud / Youtube)

Timothy Saccenti (Site officiel / TumblR / Twitter / Vimeo)

Gonjasufi, Mandela Effect, 2017, Warp Records, 48 min., photo par Timothy Saccenti, design par Hassan Rahim

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