Blanck Mass x Carli Davidson – World Eater


Qu’est-ce que c’est encore que ce truc bizarre ? Une traduction littérale, semblerait-il. Ou à peu près. Comme cela avait déjà été le cas, finalement, pour Dumb Flesh, et pour cet album sorti il y a deux ans et illustré par un mélange de chairs fusionnées dans un désordre débile pas croyable (c’était en tout cas l’une des interprétations possibles à ce travail d’Alex de Mora, aussi étrange que malaisant…) 

Dentition canine

Car World Eater, le troisième album du Britannique Benjamin John Power sous l’appellation Blanck Mass, représente, comme son nom l’indique et si l’on souhaite toutefois le lire ainsi, un « mangeur de monde », vorace poilu manifestement ravi de l’amuse-gueule qu’il s’apprête à se mettre sous la langue. Plus concrètement, il s’agit bien évidemment sans doute d’un gros plan (il vaut mieux, pour donner l’impression d’un monde menacé) effectué sur la gueule entrouverte d’un clébard ne possédant pas forcément une haleine très accueillante. Et d’une pochette de disque, dont la photo a été prise par la « photographe canine » Carli Davidson (un tour sur son site officiel est une expérience intéressante) qui s’imposera sans trop de souci, au moment où l’on devra faire les comptes, comme l’une des images, allégorie étonnante pour dire le monde menacé par ce qui est croque et par ce qui est apprivoisable (la société ?) les plus salement obscènes étant paru cette année. Une fois encore pour Blanck Mass, décidément lauréat systématique de la catégorie.

Le son

Toujours bien allumé, et plus encore que sur Fuck Buttons (qui l’est pourtant déjà pas mal), Blanck Mass pose un troisième album toujours dominé par la sensation d’un mélange de tous les instants, post-drone apocalyptique et juxtaposeur de couches, qui parvient tout de même, et c’est un sacré miracle, à laisser l’espace nécessaire pour que pénètre un semblant de brin de lumière. Esprits dérangés, gare à l’addiction.

Blanck Mass (Site officielBandCamp/ Facebook / Twitter / SoundCloud)

Carli Davidson (Site officiel / Facebook / Instagram)

Blanck Mass, World Eater, 2017, Sacred Bones Records, 48 min., pochette par Carli Davidson

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