Benjamin Clementine x Craig McDean x Akatre – I Tell a Fly


Photographe modeux pour chanteur classieux : pour illustrer I Tell a Fly, son deuxième album arrivé deux ans après le premier (At Least For Now, 2015), Benjamin Clementine s’associe au photographe Craig McDean, capteurs d’images voguiennes par excellence, et au collectif Akatre,  qui s’était si bien chargé du visuel du premier album qu’on avait été obligé d’intégrer ce dernier dans notre top 20 des pochettes les plus marquantes de l’année 2015.

Benjamin Clementine x Akatre – At Least For Now

Craig McDean pour la photo, Akatre pour la typo (« on utilisé, nous disent-ils, la typographie Postal qui apparaît également sur Blck Rck »)…et Benjamin Clementine, aussi, pour les dessins, glissés à l’intérieur d’un album encadré par un jaune poussin clinquant, des dessins en forme de croquis architecturaux, esquisses préparatoires d’un projet que l’on n’aura jamais la chance de voir abouti de manière totale.  

Benjamin Clementine, enfin, semble directement rendre hommage, avec cette photo qui laisse entrevoir derrière lui une machinerie qui évoque les premières machines liées aux musiques électroniques (sampleurs, séquenceurs, boîte à rythmes), une imagerie qui n’est pas sans rappeler celle liée au producteur japonais Isao Tomita, un artiste dont Clementine revendique justement l’influence. « Lorsque j’ai entendu Snowflakes Are Dancing de Tomita, j’ai été époustouflé, dit-il. J’ai réalisé pour la première fois que l’important n’était pas tant le matériel utilisé que ce que l’on peut faire avec. » 

Le son

On le laissait entendre, l’album de Benjamin Clementine, deuxième du nom, se fait bien plus expérimental que le précédent, At Least For Now, qui se basait alors principalement sur la capacité vocale d’un artiste qui avait dû tester ses talents de vocalistes, avant de le faire dans les plus grandes scènes d’Europe, dans les couloirs obscurs du métro. Sur I Tell a Fly, ainsi, Benjamin Clementine s’est chargé de tout, de l’interprétation à la production, de la musique à certains artworks du disque, électronisant un propos qui se tourne aussi cette fois, non plus vers son propre moi, mais vers le monde extérieur. En témoignent les morceaux « God Save the Jungle » ou « One Awkward Fish », qui évoquent la tristement fameuse Jungle de Calais, instants humanistes révélateurs de l’âme d’un artiste dont la sensibilité permet, une nouvelle fois, d’atteindre une certaine idée de la beauté.

Benjamin Clementine (Facebook / Twitter / SoundCloud)

Akatre (Site officiel / Facebook / Twitter)

Benjamin Clementine, I Tell a Fly, 2017, Behind / Barclay / Universal Music France, 45 min., artwork par Craig McDean (photo) et Akatre (design et typographie)

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