White Denim x Jackie Lee Young – Stiff


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Elle nous a un peu fait mal à l’entrejambe, la pochette du dernier White Denim. Beaucoup même. Et quiconque possède un appareil reproductif à cet endroit-là (et a priori, on est pas mal dans ce cas), où se trouvent « plantés » ces cactus, leurs jolies fleurs et leurs épines acérées, comprendra pourquoi.

Aïe

Et ne nous y méprenons pas, enfermés dans une vision phallocentrée des douleurs liés à l’entrejambe menacée : ce n’est pas parce que la silhouette du corps présenté ici, la forme de ses hanches, et la rondeur de ses cuisses, renvoient a priori plutôt à une femme qu’à un homme, qu’il n’y a pas de p***** de grosse douleur méchante à envisager. Car dans tous les cas, qu’on possède le sexe épais et impudique d’un homme ou celui, plus introverti et moins visible, d’une femme, avec des cactus dans le froc, on douille sévère.

Sticky Fingers, version Jackass ?

Alors, on pense forcément au Sticky Fingers des Stones et à cette pochette signée Warhol, pointée sur le jean et la fermeture éclair d’un garçon qui, non, n’est pas Mick Jagger, mais Joe Dallessandro, un proche de Warhol qui l’a d’ailleurs fait tourner dans certains de ses films (The Loves of Ondine, Lonesome Cowboys). La pochette des Stones, mais revisitée version créature féminine au corps bronzé comme si elle devait résider en Amérique latine (cactus = mexicain, ok) et version Jackass, parce que quand même, c’est méga con et méga douloureux de se mettre des plantes qui piquent ici. Bref.

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Si le choix du cactus est surprenant (grand Dieu, pourquoi s’infliger pareille douleur ?) le choix du motif végétal pour illustrer ce nouvel album, lui, l’est moins. Car chez White Denim, les Texans pour qui a été conceptualisé ce visuel piquant signé par le photographe Jackie Lee Young (lui aussi originaire d’Austin Texas), on avait déjà accompagné le précédent album, Corsicana Lemonade, d’éléments provenant directement des jupons de Dame Nature (le citron et les glaçons en l’occurrence). Des éléments qui piquaient aussi (le citron surtout), mais d’une autre manière que la pochette de ce Stiff, dont le nom renvoie à l’idée de dureté, de rigidité, de ténacité et de force. Et de force il en faut, pour que ce corps, serein et équilibré, ne se torde ni se courbe d’une manière que l’on aurait pu trouver parfaitement légitime. C’est peut-être aussi que le visuel s’arrête au niveau de la cage thoracique, excluant ainsi l’affichage du visage, que l’on aurait peut-être quand même découvert un peu crispé par la nature même des éléments en train de s’installer confortablement à l’intérieur de ses dessous menacés…

White Denim - Corsicana Lemonade

White Denim – Corsicana Lemonade

Le son

Pour enregistrer leur dernier album, Stiff, et pour fêter leurs 10 années de carrière, les Texans de White Denim ont envisagé la voie d’un enregistrement spontané, quasiment live. L’album dure 35 minutes et s’étend sur 9 morceaux, c’est-à-dire le minimum syndical. Garage, psyché et pop : « high heat, high energy », disent-ils. Et « good times record ».

Jackie Lee Young (Site officiel / Facebook / Instagram)
White Denim, Stiff, 2016, Downtown Records / Sony Music, 35 min., pochette par Jackie Lee Young

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