Vitalic x Mariano Peccinetti x H5 – Voyager


Cinq ans après le surpuissant et très frontal Rave Age, hommage « à sa manière » aux fondamentaux de la musique rave, Vitalic sort Voyager, un album rétro-futuriste et sacrément synthétique (« Waiting for the Stars », « Levitation », « Lightspeed »), marqué, cette fois, par une esthétique cosmique qui se perçoit autant dans son contenu sonore que dans son imagerie, elle que l’on croirait tout droit issue de l’époque des décors en cartons pate, des femmes robots aux allures inhabituelles, des marionnettes pour faire s’animer les extraterrestres bizarres.

La galaxie kitsch

Manifestation splendide de cette volonté de formuler ce qui est « kitsch », le visuel de ce Voyager, et cette paire de femmes identiques à la coiffe à paillettes, crachant un arc-en-ciel en forme de « V » (celui de « Vitalic » comme celui de « Voyager »), dominant un arrière-plan étoilé comme une constellation foncée, l’oeuvre d’un artiste argentin passionné de collages surréalistes et déjà aperçu dans les alentours du microcosme parisien.

Vitalic : « Il y a quelques mois, comme toutes les personnes qui prennent régulièrement les transports en commun, je suis tombé sur l’affiche de l’édition 2015 de Villette Sonique (ndlr : on y avait consacré, via Trax Magazine, un article il y a quelques mois) que j’ai absolument adoré. J’ai alors contacté l’artiste en question – Mariano Peccinetti – qui m’a envoyé plusieurs collages qui rappelaient déjà mal un délire un peu stellaire, dont certains vraiment superbes. »

« Superbes », mais pas totalement satisfaisants. Un deuxième acteur doit alors intervenir. Et tant qu’à faire, autant faire appel aux meilleurs. « Le visuel n’étant pas exactement comme je l’aurais souhaité, j’ai fait appel à l’agence de communication ultra-connue et ultra-super H5 (ndlr : Air, Étienne de Crécy, Röyksopp, Adidas, Dior, Hermès, Fondation Cartier…), avec qui on a finalisé ça comme je l’imaginais dans ma tête. »

Dire le son par l’image

Le logo, aussi, a été retravaillé par la célèbre agence française. Afin de faire – sans déconner – quelque chose de plus « cosmique », pour un résultat qui a le mérite de contenter complètement son principal protagoniste, ce qui n’était pas forcément le cas pour la dernière de ses pochettes de disques, celle de Rave Age, réalisée par Tomass Further et le Storm Studio une pochette vraiment très belle mais qui ne raconte pas le disque. On aurait dû utiliser en fait celle du single Stamina, que je trouve plus raccord, avec son gamin rêveur »). Vitalic : « Pour Voyager, je voulais cette fois que la pochette raconte vraiment le disque. Que l’on sache immédiatement ce sur quoi l’on va tomber en la regardant. Assumer les étoiles, les filles, l’arc-en-ciel, pousser le délire jusqu’au bout. Et au final c’est vraiment l’une des pochettes dont je suis le plus satisfait, avec celle d’OK Cowboy. Sûrement parce que ce sont les deux visuels dans lesquels je me suis le plus investi de manière personnelle ».

Le son

Voyager, c’est le futur qu’on on pouvait l’envisager dans les années 80. Avec les E.T. sympas et les aventures spatiales à couper le souffle. C’est aussi un rappel des sons, de ces glorieuses 80’s, et la prépondérance d’une électro synthétique qui propose d’amener la tête dans les étoiles, et de laisser les pieds collés au dancefloor. Métaphore classique pour démarche volontairement rétro : nostalgie, comme tu es douce.

Vitalic (Site officiel / Facebook / Twitter / Instagram / Youtube / Soundcloud)

Mariano Peccinetti (Site officiel / Instagram)

H5 (Site officiel / Facebook)

Vitalic, Voyager, Clivage Music, 2017, 41 min., artwork par Mariano Peccinetti, design par H5

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