Triptides x Jeremy Perrodeau – Visitors


D’où viennent-ils, où se rendent-ils, les Visitors qu’évoquent le titre du nouveau disque de Triptides (psyché, garage, shoegaze) ? Peut-être bien dans cette contrée décrite, visuellement parlant, par Jeremy Perrodeau, illustrateur et bédéiste français à qui les guitares tournoyantes et chaudes de ces Californiens qui caressent les cordes comme leurs meilleurs confrères de la scène psyché actuelle (Tame Impala, Temples ou Boogarins en tête) ont évoqué ces coloris chauds, rougeoyants, et bleutés (où il y a le soleil, il y a aussi l’ombre), un artwork plutôt très beau que Jeremy nous a raconté, par mail :

Soleil levant, soleil couchant

« Le point de départ était de partir sur un grand panorama, offrant une image avec un champ large et beaucoup de profondeur. 

À l’image d’un album qui regroupe un ensemble de chansons, ce paysage est composite, formé d’un ensemble d’environnements différents. La nature y est surréelle, évoquant les décors rétro de film sci-fi 70’s. Une référence au spectre musical de Triptides.

La musique du groupe est très solaire, la lumière se devait d’intervenir dans l’image. Avec un soleil en hors champ, on baigne l’image dans une ambiance paradoxale. Crépuscule ? Aube ?  il est difficile de se prononcer. Mais c’est à ces moments de la journée que le soleil a le plus impact sur le paysage. Les couleurs varient rapidement, les montagnes deviennent bleues, le ciel rose. L’idée était de retrouver cette ambiance si particulière. »

Et puis, pour ceux qui ont l’oeil attentif, et qui auront remarqué l’aridité relative du tableau proposé par les Triptides, on pourra contre-balancer ce panorama-là avec celui proposé, quasiment simultanément, par les Hollandais et les Turcs d’Altin Gün, qui, pour illustrer ce projet de réécriture de classiques turcs des années 70 (le moment où le folk turc rencontre le rock anglo-saxon), ont décidé de proposer un paysage dominé par un soleil brûlant, où l’eau parvient, cette fois, à se frayer un chemin parmi les autres éléments que la nature a tenu à disposer dans le coin.

Altin Gin x On – Floor van het Nederend (2018)

 

Le son

Que cet album ait été conçu dans les années 70, période champignons qui donnent le sourire, n’aurait étonné personne. Que cet album paraisse en réalité en 2018 laisse envisager une solitude culture psyché, garage, shoegaze et rock pour ces Californiens, venus de Los Angeles, qui proposent un album si parfaitement agencé qu’il nous fait songer à une chose : et si ces visiteurs-ci ne venaient pas en réalité, tout simplement, d’un passé finalement toujours bien présent ?

Triptides (Facebook / Twitter / Bandcamp)

Jeremy Perrodeau (Site officiel)

Triptides, Visitor, 2018, Requiem pour un Twister, artwork par Jeremy Perrodeau

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