Romare – Love Songs : Part Two


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Ce qui est énervant avec les gens brillants, c’est qu’ils ont tendance à ne pas exceller que dans un seul domaine, non, mais dans une multitude. Il semblerait que cette règle s’applique également au tout jeune producteur Romare. En plus de faire du son qui ravit nos oreilles, il se trouve que le jeune british s’occupe lui-même de ses pochettes d’album. Et plutôt bien.

Romare Bearden dans le rétro

Pour ceux qui ne seraient pas familiers de ce Londonien, récent disciple du label Ninja Tune, Romare, aka Archie Fairhurst à la ville, se passionne très tôt pour le collage. C’est au détour d’un cours qu’il découvre le travail de l’artiste-peintre Romare Bearden. L’art du collage, l’afro-américain le maîtrise à la perfection pour dépeindre le quotidien de ses concitoyens dans l’Amérique des années 70. Ni une, ni deux, c’est un Archie inspiré qui ressort de l’amphi, armé de son MIDI, prêt à transposer cette technique à travers le son. Il lui empruntera une partie de son nom, aussi.

Romare Bearden - The Train

Romare Bearden – The Train

Le premier EP arrive, il lui faut forcément un visuel pour accompagner sa sortie. Quitte à être fan de bidouillage et de collage, autant le faire soi-même. Ça y est, l’EP Meditations on Afrocentrism a une pochette, que Romare Bearden n’aurait pas reniée. A l’instar de son aîné, Romare utilise des images déjà existantes pour faire un patchwork visuel de ses influences musicales. C’est d’ailleurs la même technique qu’il utilisera pour son EP suivant, Love Songs : Part One. Plus qu’un support visuel, les pochettes de Romare sont de véritables préludes à ce qui attend l’auditeur. Vous repérez le minois de Nina Simone ou encore de Billie Holliday sur la jaquette de son deuxième EP ? Vous entendrez à coup sûr un sample dans l’un des morceaux du producteur.

Du collage au dessin

Loin de dormir sur ses lauriers, Romare sait faire évoluer son art : pour les pochettes de son premier album, Projections, et de son second, Love Songs : Part Two, le Londonien s’inspire là encore de Bearden pour faire évoluer sa technique. Alors que l’artiste-peintre se servait de ses propres peintures pour ensuite faire ses collages, Archie utilise l’art du calque et du dessin « en fil de fer » pour faire ses deux dernières créations. À l’arrivée, un méli-mélo de lignes blanches un peu foutraques, représentant là encore la plupart des samples et inspirations sonores parsemés dans ses productions. Écouter avec les oreilles et les yeux, un art que Romare maîtrise de bout en bout.

Le son

C’est donc sur le vaste thème de l’amour que Romare se penche une seconde fois avec ce long format Love Songs : Part Two. Et on peut dire que le British explore admirablement bien tous les aspects de ce sentiment universel : du pulsionnel « Je T’aime » au sensuel « Who To Love », Romare nous concocte un bidouillage savoureux, à base d’instrus et de samples. Mais attention, pas n’importe quel sample : c’est l’essence même du morceau original que Archie Fairhurst cherche. Le résultat ? 10 pépites dont vous tomberez sûrement raide dingue.

Romare (Bandcamp / Facebook / Twitter / Soundcloud)

Romare, Love Songs : Part Two, 2016, Ninja Tune, 58 min., pochette par Romare

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