Oumou Sangaré x JP Mika – Mogoya


Il y a deux ans, à l’occasion de la très riche et très documentée exposition Beauté Congo (1926-2015) à la Fondation Cartier (la première rétrospective de cette taille sur le très précieux art congolais), on découvrait le travail de JP Mika, l’ainé de tous les artistes présentés alors (il est né en 1980 à Kinshasa), dessinateur doué, discipline de Chéri Chérin, d’abord focalisé sur la réalisation d’autoportraits saillants, puis de scènes où la politique et le poétique s’entremêlaient de manière judicieuse.

JP Mika – Mandela

Beauté Congo, beauté Mali

Depuis quelques années, évolution qui a permis à son art de se distinguer définitivement de celui de ses contemporains, JP Mika, dont il faut absolument jeter un oeil à ses tableaux mettant en filiation le président Mandela et le président Obama, peint sur des tissus à motifs des portraits parfois inspirés de modèles originaux, et parfois inspirés de photos datant des années 60. Il en ressort des compositions aux couleurs vivaces, aux sourires éclatants, à la chaleur très humaine, et à une sensation de mouvement permanent faisant du Congolais l’un artistes les plus prisés de l’émergente scène picturale du Sud de l’Afrique.

JP Mika – Bisengo ya tango na biso

Le Congolais JP Mika, honneur supplémentaire, on le retrouve cette fois aux côtés de la diva Oumou Sangaré, icône féministe fondamentale sur les terres du très grand pays malien, elle qui, depuis la parution de son premier album Moussoulou en 1988, incarne la lutte ardente de ces femmes condamnant le patriarcat sociétal, l’oligarchie des puissants, les corrompus gangrenant le continent depuis des décennies. Ambassadrice de bonne volonté de la FAO en 2003, prix de l’Unesco en 2001, commandeur des Arts et Lettres de la République française en 1998, grande entrepreneuse (dans l’hôtellerie, dans l’industrie de l’automobile, dans l’agriculture…), elle est l’une des figures féminines les plus respectées du continent africain.

Marche au Soleil

JP Mika, on l’engagea donc afin d’illustrer Mogoya, ce nouveau disque d’une Oumou Sangaré représentée, via cet artwork absolument magnifique, en mouvement (et non pas En Marche !…), « sapée » comme les plus élégants de ses congénères congolais, les motifs arts déca-rococo en arrière-plan. L’image d’une femme en mouvement qui, à l’image d’une Afrique moderne, entreprenante, et engagée, ne laissera pas le monde avancer sans elle. Quasiment, une image de campagne pour la grande chef d’entreprise Oumou, finalement.

Le son

Ambassadrice d’un Mali en plein renouvellement, Oumou Sangaré chante l’espoir, les lendemains meilleurs et les idées progressistes dans Mogoya, ce nouvel album qui arrive après huit ans de mutisme discographique, des années au cours desquelles la diva a consacré son existence à mener à bien sa carrière de femme entrepreneuse (le business, chez Oumou, ne passe pas que via la musique), un profil suffisamment rare en Afrique pour que cela représente une véritable proposition politique en soi. L’Afrique de demain est déjà présente. Elle est ici.

Oumou Sangaré (Facebook)

Oumou Sangaré, Mogoya, 2017, NØ FØRMAT!, 40 min., artwork par JP Mika

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