MIXCITY x Phatgrafx – TRANSEO


TRANSEO, le nouvel album du groupe MIXCITY (« Jazz-Hip-hop-Soul Jam band », écrivent-ils pour synthétiser le propos), s’ouvre comme la page introductive d’une bande dessinée ou d’un roman graphique solaire, qui se proposerait de narrer les aventures d’un monde gorgé de cités volumineuses, pas tout à fait identiques à celles que connaissent nos civilisations contemporaines.

Vignette isolée

Deux soleils, comme sur Tatooine (là où à grandi le futur Jedi Luke Skywalker), une urbanité caressant les courbes de canyons arides, et un dessin, à l’origine – croquis et encrage sur papier, puis numérisation afin d’y ajouter la couleur -, effectivement inspiré par l’univers à bulles de la bande dessinée. Benjamin Bouton, aka Phatgrafx, en charge de cette pochette :

« C’est totalement l’univers de la bande dessinée qui inspire ma façon de travailler. Je fais beaucoup de vignettes isolées, comme extraites d’un album de comics. Parfois même avec des bulles de dialogues. Il me reste à écrire une histoire complète ! J’admire le travail de Steve Dillon et Glenn Fabry, Moebius, Frank Miller, Stan Lee, Jack Kirby ou Hugo Pratt, ainsi que d’autres géants comme Dali ou Mati Klarwein… »

Mixer les villes

Une cité fantasmagorique, tout de même, qui en rappelle d’autres, et qui fusionne les souvenirs de paysages urbains demeurés dans la mémoire, comme s’il fallait trouver, avec ce visuel soigné jusqu’à la minutie, trouver un écho littéral à MIXCITY, le nom de ce projet mené par le nantais Jean-Patrick Cosset, fondateur et compositeur du groupe. Benjamin, de nouveau :

« Ce disque mélange déjà ces climats musicaux urbains avec des ambiances cinématiques, propice aux grands espaces et étendues désertiques. Avec JP Cosset, chacun de notre côté avons passé beaucoup de temps aux US et au Mexique ces dernières années, habitant moi-même à NYC depuis 4 ans. Sur ce continent, la vastitude et diversité des environnements, ainsi que la richesse musicale et artistique qui l’accompagne nous ont tous deux frappés et profondément inspirés. La ville que l’on voit sur la pochette, il s’agit d’un New York fantasmé, brûlé et usé par le désert du Colorado/Nouveau-Mexique, et mélangé aux architectures des indiens Anasazi. »

New York brûlée, métamorphosée, abandonnée, et devenue témoin en lambeau d’un passé déjà lointain ? « You are not alone », répond MIXCITY à l’intérieur de ce disque que l’on écoutera les yeux rivés sur les sentiers désertés de ce panorama dans lequel, prenons garde, il paraît aisément possible de s’égarer longuement…

Le son

Comme le suggère très justement son nom, MIXCITY est une fusion de beaucoup de choses. Pêle-mêle : rock, hip-hop, free-jazz, blues, soul, et autres trip-hop échangent leur spécificité au sein du deuxième album d’un Nantais (Jean-Patrick Cosset) bien entouré (Mr. Reed, Brian Lopez, Laurent Allinger, Baba Israel…), qui propose un voyage autour de mondes au moins aussi azimuts qu’à l’intérieur de Nola’s Mood, premier album du projet. « The Freaky Show», dit-on au coeur de l’album…

MIXCITY (Site officiel / Facebook / Twitter)

Phatgrafx (Instagram / TumblR)

MIXCITY, TRANSEO, 2017, Alcazart / Modulor, 38 min., pochette par Phatgrafx

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