Liam Gallagher – As You Were


Outre ce timbre de voix reconnaissable entre mille, et cette attitude si singulière sur scène (genou plié, mains jointes dans le dos, cou penché vers l’arrière, bouche collée au micro…), ce qui a toujours fasciné chez Lima Gallagher, troisième et dernier enfant d’une fratrie d’Irlandais implantée à Manchester, c’est ce caractère exécrable, ces punchlines dignes d’un pilier de bar inspiré, cette mégalomanie assumée, ces attitudes de starlette à la dérive, cette relation orageuse avec son frère, Noel Gallagher, avec qui on sait que les disputes, les bagarres, les insultes et les coups de sang furent quasiment aussi nombreux que les compositions effectuées pour le compte d’Oasis, le fer de lance de la britpop des années 90 auquel il fallu mettre un terme, un soir d’août 2009 (Rock en Seine, Paris), après qu’une nouvelle bagarre eut éclatée entre les deux (mots forts, mains aux visages, guitare cassée). Au XXIe siècle, l’une des dernières grandes idoles rock and roll, avec tout ce que cela implique d’excès et de caricatures.

Gueule cassée

Alors, après l’expérience collective Beady Eye, au moment de réfléchir à la manière d’illustrer son premier album solo (le frangin Noel, lui, a posé les bases de son projet Noel Gallagher’s High Flying Birds dès 2010, soit la fin d’Oasis tout juste consommée), Liam n’a pas dû hésiter longtemps : c’est sa gueule, de pleine face, le regard dur et assuré, qui devait apparaître sur cet album qu’il se devait d’incarner pleinement, au sein d’un genre (le rock) où la figuration concrète de l’interprète est encore monnaie-courante.

Pas de sourire ni de fausse bonne manière ici, mais juste Liam, avec son expression que l’on imagine la plus naturelle qu’il soit, dangereuse et arrogante. Une photo, parce que le type ne manque décidément pas d’humour, que Liam s’est amusé à détourner sur son compte Twitter, sourire aux lèvres cette fois. Ce qui fait presque bizarre.

Certains fans, eux, se sont amusés à proposer une illustration plus littérale, plus conforme au titre proposé par l’album. Comme le dénommé Mike Sullivan, très drôle :

Le son

La voix principale d’Oasis qui propose son premier album en son propre nom, et les nostalgiques n’y trouveront pas grand-chose à redire, ça sonne forcément un peu comme le retour d’Oasis, dix ans après, et comme cette crasse prolo inhérente à l’imagerie conforme au Nord de l’Angleterre, rendue lisible et fréquentable par les mélodies de la pop, et ses envolées vocales que Liam, preuve en est, maîtrise toujours à merveille. Le sommet du disque ? « Chinatown », qui décrit, superbement, ce quartier chinois de Manchester pas toujours très fréquentable.

Liam Gallagher (Site officiel / Facebook / Twitter / Instagram / Youtube)

Liam Gallagher, As You Were, 2017, Warner Bros, 56 min.

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