Justice x Thomas Jumin – Woman World Wide


Où est donc passé ce crucifix, qui s’avérait parfois cosmique (l’album ), parfois pierreux (Audio, Video, Disco), ou parfois pourvu d’un coloris baroque (Woman) ? Cette croix, christique et évocatrice d’une épreuve douloureuse (La Passion du Christ, et la crucifixion qui suivie), et qui apparaissait, toujours, lors des lives survoltés du duo parisien Justice, de même qu’elle ornait les visuels principaux de ses trois premiers albums ? « C’est un album live, et on ne voulait pas forcément suivre les codes des albums studio », justifie Thomas Jumin, proche de Bertrand Lagros de Langero de So Me, (l’agence qui avait notamment designé la première pochette du groupe) et de Justice, pour qui il avait, parmi d’autres choses, bossé sur le clip de « DVNO » ou celui de « A cross the Universe ». C’est également lui avait qui s’était chargé de la réalisation du clip de « Randy », il y a deux ans.

« Sur Access all arenas et A cross the Universe (les deux premiers albums live de Justice, ndlr) la croix n’était pas non plus présente », ajoute Thomas Jumin, afin de confirmer que, chez Justice, la croix n’est réservée qu’aux albums studios. Sur Woman World Wide, alors, plutôt que d’utiliser l’insigne du Dieu unique (ou de son fils, plutôt, même si chez les Chrétiens, ils ne sont trois à ne faire qu’un…), on choisit ici d’utiliser l’insigne des rois. Ou plutôt, celui de la reine. « Le cercle et l’or font écho à la force et la sobriété qu’évoque le mot ‘woman’. J’ai dessiné ce logo pour pouvoir communiquer sur la tournée en lui donnant une identité graphique. Le cercle pour un logo de tour qui dit « worldwide » ça collait bien et une pochette juste typographique apportait la pureté et l’autorité qu’on cherchait à avoir. Une pièce, une médaille, ou en tout cas, l’idée d’un objet précieux et unique, une sorte de trophée (…) Pour le obi (la bande qui apparaît sur la gauche de la pochette, ndlr), qu’on trouve habituellement sur les disques japonais, c’est un petit plaisir de graphiste et de passionné de disque. »

Le son

Le nouvel album live de Justice n’en est pas vraiment un. Contrairement aux deux précédents (A Cross The Universe et Access All Arenas), Woman World Wide n’a en effet pas été enregistré dans la brutalité rugissante d’un concert, avec hurlements du public en fond sonore qui viennent accompagner l’arrivée des plus gros tubes (« Genesis », « D.A.N.C.E », « Stress »…) et approximation sonore, mais dans la pesanteur apaisé d’un studio, dans des« conditions live », un terme qui, soyons d’accord, ne veut pas dire grand-chose. La démarche, originale, permet au duo d’offrir une seconde version d’un répertoire déjà fort de trois albums studio et de plus de dix ans de carrière, et de dresser, en somme, un premier bilan du chemin accompli. Et celui, comme cette pochette proposée par un collaborateur qui était déjà là au début de l’histoire en 2007, s’avère absolument brillant.

Justice (Facebook /Instagram / YouTube)

Justice, Woman World Wide, 2018, Because Music / Ed Banger Records, artwork par Thomas Jumin

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