Jamie xx – Jamie Smith x Phil Lee – In Colour


Jamie XX – Jamie Smith x Phil Lee – In Colour

Prodige dit-on. À 26 ans, Jamie xx inaugure un nouvel et premier album édité en son nom propre, l’un des piliers du groupe The Xx aux sonorités électro-indie (basses qui résonnent au lointain) se lance alors seul, salué par la critique déjà, mais n’oubliant pas la symbolique, celle bien figurative (ou non) de cette pochette imaginée et conçue par lui-même, minimaliste comme une vague habitude héritée de son groupe londonien. Revue.

Figurative

Et en couleurs, pour la facile traduction de ce prisme arc-en-ciel, en écho significatif et traduisible du titre de ce premier album In Colour. 11 : c’est ainsi qu’on les compte les chemins lumineux marqués par la géométrie triangulaire, et pour ainsi dire symbolisant avec simplicité les 11 titres qui défilent sur le disque. Aussi carré soit-elle la pochette à l’apparence du cylindre, tournant, allant vite on aime à l’imaginer, les couleurs du prisme se réunissent en une seule musique, ne forme plus qu’un.

« Un spectre de couleurs qui représente l ‘ensemble des disques ; parce que cet album a plein de tons et de tonalités différentes. » Jamie XX pour The Fader.

Reste l’énigme, celle plus rectangulaire déjà, gravitant sur la paroi multicolore, un « monolithe » blanc, comme un morceau détaché des quatre branches de la croix (fameuse) de The Xx ? Le symbole du départ, de « l’aventure en solo », allant même jusqu’à personnifier l’artiste ? Oui ! On aime à se le dire, en tout cas les 4 membres de The Xx ont marqué de quatre chemins leur sigle au minimalisme réinterprété seulement par jeu de teintes, ici c’est un de ses membres qui se retrouve sur ce miroir, ce nuancier.

Symbolique

Et pour aller plus loin que la simple structure représentative, le prisme coloré s’est déjà retrouvé et à inspiré d’autres groupes, comme la couleur universelle, les composantes de la lumières blanche insoupçonnées par l’oeil humain, on n’y traduirait presque du divin, ainsi Pink Floyd s’inscrit déjà dans cette logique symbolique. Le rectangle blanc, idem est celui d’où jaillit l’arc-en-ciel, la Source créative, celle qui donne naissance.

Pink Floyd - Storm Thorgerson - Dark Side Of The Moon

Pink Floyd – Storm Thorgerson – Dark Side Of The Moon

Apple aussi s’essaie toujours et signe encore un format de packaging et de logo épuré, minimaliste mais dans ces premières années, faisait naître sur sa pomme (mythologique et objet de désir) le même dégradé qui donnera plus tard naissance au blanc, singulier, non couleur, qui réunit en un seul flash, celle du prisme originel.

Seul et indivisible aussi (ou presque), indestructible, le monolithe de 2001, celui de Kubrick, mais noir cette fois-ci dans L’Odyssée de l’Espace, est présent partout, il surgit, il apparaît tout comme celui de Jamie xx, jaillissant dans ses clips, comme un marque significative, un sillage géométrique. Le monolithe, symbole de la lumière, absolue, source de vie et d’intelligence, jalonnant la planète par endroit, intriguant, perpétuel et source de questionnement, il se tient là parmi les déserts arides et brûlants, son mystère attire, tout comme la figure blanche, attire les 11 nuances de couleurs.

Monolith

Le son

« Gosh », vibrant et presque divin si on ose, le son de ce premier album aborde des résonnances cosmiques fidèles au premier héritage de The Xx, mais plus personnel cette fois. Un véritable écho, électro pour le mauvais terme, presque indéfinissable si l’on devait classer par genre mais du Jamie xx on est sûr.

Jamie XX (Site officiel / Facebook / Twitter / SoundCloud)

Jamie XX, In Colour, 2015, Young Turks Recordings, 42 min., pochette par Jamie Smith et Phil Lee

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