Insecure Men x Oscar Burnett  – Insecure Men


« I am Josef Stalin » clamaient hier les Fat White Family, sur la face B d’un disque dont la face A annonçait, à l’opposé, que le groupe était plutôt Mark E. Smith, le chanteur de The Fall décédé il y a quelques mois (« Je suis Mark E Smith et j’ai les papiers pour le prouver »). Manifestement attirés par les grandes figures d’extrême gauche, qu’ils trainent au pub aux côtés du bas peuple (le leader de The Fall) ou qu’il le domine de tout en haut (Josef Stalin), les Fat White se voient cette fois, via l’un des leur (Paul Adamczewsk, moitié d’Insecure Men) qui en était parti, avant d’y revenir (pas tout suivi, mais peu importe), associé à la figure de Kim Jong-Un (ou peut-être est-ce à son père Kim Jong-il), leader suprême de l’une des dernières puissances totalitaires communiste du monde (la Corée du Nord) qui fascine, globalement, autant qu’elle inquiète. Sur Quietus, le groupe déclarait récemment, au sujet de l’artwork :

« J’ai demandé à un de mes amis qui est peintre (Oscar Burnett , ndlr) de faire une de ces peintures de propagande nord-coréenne où le grand leader est entouré d’un groupe d’enfants qui le regardent avec amour et qui se fait dans de très jolis tons pastels ».

Reste à savoir pourquoi ce choix de focaliser l’artwork sur un dirigeant nord-coréen, entouré de gamins automatiquement sous les choix de l’homme le plus puissant du pays. Peut-être parce qu’il est parfois question sur ce premier disque du duo de star tombé dans les précipices de la pédophilie. Ou peut-être parce que c’est lui que l’on souhaite présenter, via le titre « The Saddest Man In Penge ». Ou c’est tout simplement parce qu’illustrer un projet nommé « Insecure Men » via une image de l’un des dirigeants les plus protégés de la planète, c’est quand même marrant. Et qu’il s’agit quand même beaucoup de déconne, dans le post-punk léger, grave et décharné de ce duo chez qui l’on se sent, paradoxalement, plutôt très bien.

Le son

L’un (Saul Adamczewski) fait partie de la crasseuse Fat White Family, et l’autre (Ben Romans-Hopcraft) de la très bruyante Childhood. Ensemble, ils considèrent les rock star comme des pédophiles en puissance, se foutent de la gueule des dictateurs tout-puissants, et songent aux femmes. C’est punk dans l’esprit, et shoegaze, pop et psyché dans la forme, et c’est, dans le genre, l’un des projets les plus libres qu’on ait vu cette année.

Insecure Men (Facebook / Instagram / Youtube)

Insecure Men, Insecure Men, 2018, Fat Possum Records, artwork par Oscar Burnett

Comments

comments