HÆLOS x Laura Anne Hyde – Full Circle


HÆLOS x Laura Anne Hyde - Full Circle

Bien sûr, traduction évidente, c’est le Full Circle mentionné par le titre de l’album que figure ce cercle complet et composé de trois couches sombres et parfaitement distinctes, qu’HÆLOS a choisi d’utiliser afin d’illustrer ce premier disque, paru chez Matador Records. Rondeurs et chaos.

Éclipse & météorite

Reste à savoir ce qu’il représente exactement, ce cercle complet. Une entité qu’il convient de lier aux cieux et plus sûrement encore, à ce qui figure au-delà (l’espace stellaire), sans doute. Un trou noir, une galaxie parallèle soudainement intervenue sur une nappe toute noire, ou une éclipse, peut-être, et cela expliquerait pourquoi un sous-cercle de lumière paraît vouloir s’échapper de son pendant plus sombre. On résonnerait en ce sens avec le très beau visuel lié au Lanterns de Son Lux, spécialisé, comme HÆLOS, dans l’élaboration de ces ambiances qui alternent toujours la caresse des bas-fonds autant que celle des hauts plafonds. On pense aussi, coïncidence moins évidente, au cercle noir entouré de rouge de Neon Golden, l’album indéniablement le plus grand de la discographie de The Notwist.

Une éclipse, ou peut-être, une météorite, vision plus définitive de ce qu’il pourrait advenir, probabilité visuelle à mettre en lien, cette fois, avec le Melancholia de Lars Von Trier et de sa planète destructrice lancée à vitesse ascendante en direction de la planète Bleue.

Melancholia

Faisceaux & étaux

Quoi qu’il en soit, il demeure ici, avec cet artwork constitué, entre plusieurs protagonistes, par Laura Anne Hyde, un écho idéal à ce que contient la musique d’HÆLOS, à savoir la rencontre, toujours conflictuelle quoique complémentaire, entre les faisceaux émis par les très grandes lumières et les étaux refermés par les très grandes noirceurs.

Après l’éclipse, revient le jour. Et après l’impact ne revient plus rien du tout.

Le son

Faite à trois voix (celles, masculines, d’Arthur Delaney et de Gom Goldsmith, et d’une, féminine, de Lotti Benardout) et à six mains, et dans le sillage eighty des plus fameux dé-constructeurs trip-hop (les monuments Massive Attack et Portishead), HÆLOS bâti sur ce Full Circle une dream pop parfois éthérée et parfois terrienne, qui lorsqu’elle ne s’élance pas dans des rêveries débordantes de lyrisme mesuré (« Pray », « Dust »), préfère s’abandonner à ce genre de transe cérébrale (« Oracle », « Separate Lives ») que seuls les esprits les plus troublés peuvent se permettre d’exécuter. Dans le genre (celui de la trip-pop chantée sous vocodeur), l’un des albums les plus addictifs de l’année.

HÆLOS (Site officiel / Facebook / Youtube / Instagram / Twitter / Soundcloud)

HÆLOS, Full Circle, 2016, Matador Records, 48 min., direction artistique par HÆLOS & Laure Anne Hyde, design graphique par Arthur Delaney & Alison Fielding, photographie par Joe Armitage

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