Fyfe x Sophie Derrick – Control


Fyfe - "Control"

Peinturluré d’une palette multicolore tape-à-l’œil, le Londonien à la voix de velours se fait faire le portrait couche par couche pour présenter son tout nouvel opus Control qui fluctue avec élégance sur des eaux à la fois pop et soul, offrant une touche électro futuriste et magique.

Patchwork musical

Comme autant de couches juxtaposées qui symbolisent l’incroyable éclectisme lumineux de Control de Paul Dixon, alias Fyfe, la pochette étonne par sa densité. A l’instar des gueules incroyablement puissantes d’Ousmane Sow, une force énigmatique se dégage de cette œuvre, qui distille également une diversité certaine. Habituée à mettre son corps au service de pinceaux hyperactifs, Sophie Derrick défait et réinvente le visage de Fyfe pour dépeindre une autre idée de son identité. De la peinture abstraite à même la peau qui ensuite photographiée, souligne de façon frappante les contrastes de couleurs flamboyantes. Cette dernière parle d’un corps qui devient alors « à la fois objet et sujet. »

Peinture vivante

Alliant une pop qui déploie des accents surnaturels sur des sons électro-bariolés, Fyfe est un ovni qui séduit. Les mouvements ondulatoires de sa voix soul se baladent d’un genre à l’autre et se dessinent sur ces sillons de pinceaux grossiers qui traduisent la spontanéité et l’efficacité de ses compos, qui atteignent leur paroxysme sur « Solace ». Des couleurs qui dégoulinent sur la voix suave de celui qui fait écho à James Blake ou Jamie Cullum dans certaines intonations. On retient des gimmicks obsédants du british une notion ludique et jubilatoire qui se traduit dans ce travail des matières quasi-récréatif pour l’imaginaire.

On retrouve un aspect fantastique qui nous emmène vers des contrées lointaines d’indiens à totem qui habillent merveilleusement bien les envolées électroniques des titres comme « Control » ou « Polythene Love ». Le travail de Sophie Derrick illustre ici la coulante voix de crooner pop façon « For You », mêlée à la force tribale de des riffs entêtants (« Conversations ») de ce Londonien enchanteur. Un artwork qui invite à pénétrer le personnage scénique qui représente un trait de l’auteur mais aussi une autre part de lui, plus crayonnée et plus exacerbée, tous comme les couleurs chatoyantes qui se répandent sur les traits d’une finesse juvénile de Fyfe.

Le Son

Après avoir lancé le projet David’s Lyre en 2010, signé chez Mercury, le Londonien Paul Dixon revient avec une nouvelle identité musicale. Sous le pseudo Fyfe, il propose une électro-pop planante qui traîne des accents soul sensuels qui rappellent Alt-J. L’album Control dévoile toute la sensibilité dont il fait preuve pour déployer une palette de sons éclectiques qui traversent toutes les frontières.

Fyfe (Site Officiel / Facebook / Twitter / SoundCloud)

Sophie Derrick (Site Officiel / Twitter)

Fyfe, Control, 2015, Believe Recordings, 40 min, pochette par Sophie Derrick.

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