Fidlar – Almost Free


Une photo toute simple mais limpide, et un message qui l’est tout autant. Il y a ici une frontière, naturelle et visible, entre ce qui est terreux (le territoire des humains) et ce qui est aqueux (le territoire des êtres marins), et une limite marquée par une pierre géante sur laquelle a été taguée le nom du groupe (Fidlar, pour « Fuck It Dog, Life’s a Risk »), et celui de son album (Almost Free). L’art du graffiti, les mecs de Fidlar l’avaient déjà testé sur la pochette de l’album Too, même si a priori, cette fois-là, le support saccagé / magnifié était un plus classique que celui utilisé pour la pochette d’Almost Free, puisqu’il s’agissait d’un mur. Sur l’album Fidlar, pour le coup, c’était plutôt au graphisme sérigraphié que l’on avait fait appel.

Face à la mer

Pour Fidlar, ce quatuor californien qui sort en 2019 un troisième album toujours trempé dans une recette garage, skate punk, pop sale qui a, jusqu’alors, parfaitement fait son effet, ce message associé à la frontière terre / mer (ou plutôt l’océan Pacifique, puisque les gars sont Californiens) est, sans doute, une manière de formuler l’idée de cette liberté que l’on caresse du doigt, mais que l’on ne saisit pas encore tout à fait (si tant est qu’on l’a saisisse un jour).

Eux, ainsi, sont Almost Free, « presque libres » (leur musique, depuis la sortie en 2011 de leur premier EP DIYDUI l’atteste absolument), mais ont conscience qu’il demeure encore quelques étapes à franchir pour le devenir véritablement. Il reste pour cela à franchir ces quelques mètres qui séparent, ici, la terre de l’océan, infini et évocateur du monde originel, qui fut là avant toute autre chose.

Et en attendant de voir au loin se profiler la liberté totale et incontestable, chez Fidlar et comme Zac Carper le chante dans le single « Be Myself », on se réveille, fréquemment, sur le sol (« And just because I woke up on someone’s floor / And asked « who the fuck am I? » / I didn’t know it felt good to cry »), et on refuse de considérer que c’est une chose à ne pas faire. Liberté, j’écris ton nom ?

Le son

Les meilleurs descendants des Ramones poursuivent, avec Almost Free, la démarche qui était la leur sur leur deux précédents albums : mélanger une humeur potache et plutôt positive avec une sacrée volonté de foutre le bordel partout où l’on se pointe, et le faire avec l’aide d’une musique punk, garage, pop. Libre donc, une fois encore.

Fidlar (Site officiel / Facebook / Twitter / Instagram / YouTube / TumblR)

Fidlar, Almost Free, 2019, Mom + Pop Records

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