Blondie x Edo Bertoglio – Parallel Lines


Tous les mois, Néoprisme donne la parole à un journaliste extérieur, qui nous parle d’une pochette d’album d’hier, culte pour le grand monde ou simplement pour l’intime de celui qui l’analyse. Aujourd’hui, la parole est à Jérôme Vaillant de Songazinequi scrute pour nous la pochette de Parallele Lines de Blondie, dont la photo est signée Edo Bertoglio.

Blondie x Edo Bertoglio – Parallel Lines

L’histoire de cette pochette mythique est amusante, car elle a valu au manager du groupe de se faire virer, alors que l‘album, qui sort en septembre 1978, connaîtra un succès phénoménal et demeure l’une des icônes pop rock des 80’s dans tous les classements de la terre. Debby Harry aurait dit « je ne pense pas que c’est un bon artwork design, personnellement… » , mais Peter Leeds avait choisi cette couverture sans l’avis du groupe . Il fut donc illico remplacé par Shep Gordon…Sic transit.

Et pourtant ! Cette photo d’Edo Bertoglio, qui travailla pour Vogue, avec Andy Warhol et de nombreux groupes de la No Wave new-yorkaise, est gravée dans la mémoire de millions de garçons comme moi, nés au début des années 60. On y voit, plein cadre : cette jolie nana, une fille rockeuse, une blonde égérie de blanc vêtue au milieu de cinq types en costume noir, portant des Converse.

Punaise, mais ce fut un choc, une vraie pulsion, un coup de foudre. Elle était belle, elle avait l’air décidée et si forte, les mains sur les hanches, la moue boudeuse. Avouons-le, on en tomba tous un peu amoureux de la Debby, love at first sight, je vous le dis sans détour. Un code couleur simple : du noir, du blanc et un lettrage rouge. Hyper efficace, taux de mémorisation 100%.

J’avais trouvé cet album lors d’un voyage aux USA et l’avais ramené à Paris comme le Saint-Graal, protégé comme un vase Ming dans ma valise. Je l’ai toujours, mon fils cadet l’écoute sur une platine Crosley et il l’aime aussi.

Attention, Debby-Blondie ce n’était pas une bimbo pipo, non ! Les chansons étaient à la hauteur, un sacré paquet de tubes rock bien troussés qui parlaient d’amour et de colère, de l’été et du jeu éternel de la séduction.

Elle disait qu’elle allait arracher le téléphone du mur, qu’elle avait un cœur de verre et des tas de trucs vachement sexy. On lisait les paroles de la pochette intérieure ligne par ligne, cherchant dans le dico les mots un peu plus difficiles !

Mais cette pochette, on y revenait toujours, tu vois, genre on la posait verticale à côté de la chaîne hi-fi et on la regardait.

Parallel Lines de Blondie, cover parfois parodiée, peut-être imitée, mais unique et marquante. Et comme disait Dutronc « c’est le temps des amours, le temps des copains… on s’en souvient ».

Blondie, Parallel Lines, 1978, Capitol Records, 56 min., pochette par Edo Bertoglio

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