Baxter Dury x Tom Beard x Alex Cowper – Prince of Tears


Il y a sans doute, en langue anglaise comme en langue française, autant de manières de dire que l’on a galéré, dans le cadre d’une rupture amoureuse, que de manière de la vivre, cette rupture amoureuse. Pour Baxter Dury, qui clairement, n’a pas très bien vécu la dernière fois qu’une femme lui a dit « allez, ciao Baxter », c’est la métaphore de la « traversée du désert » qui s’est imposée, au moment où il fallut mettre une image sur Prince of Tears, nouveau disque studio d’une discographie qui en compte donc désormais cinq, album exclusivement consacré, justement, à une rupture qu’il fut bien difficile à digérer.

Desert of our love

Prince d’un royaume que peu devraient lui envier (celui des « larmes », tears en anglais), Baxter, qui fort heureusement, ne manque pas de second degré, apparaît ainsi, sur la pochette de ce disque, vêtu d’un costume blanc (pas tout à fait le même que celui que portent traditionnellement les Touaregs dans le désert, enfin passons…), le corps courbé et les bras placés de sorte qu’ils puissent aider les jambes, en train de franchir l’une des nombreuses dunes de sable que le panorama nous permet de contempler, métaphore évidente du chemin, et des galères, que l’Anglais a connu lors de cette année qui fut, il l’admet lui-même, « l’une des plus douloureuses de sa vie ». Après la pluie, le beau temps, comme le dit la maxime de comptoir. Et après le désert, y a quoi ?

Le son

Bon, ça va pas fort Baxter. Dandy dépressif mais euphorique jusqu’alors (si on peut considérer que la désinvolture cool peut être liée, d’une manière ou une autre, à l’euphorie…) Baxter Dury bascule ici, avec ce cinquième album studio, de l’autre côté, celui où, loin de la mise en scène permanente, on se retrouve vraiment au fond du trou. Il y eut une rupture amoureuse et une grosse douleur amoureuse : voilà Prince of Tears, l’album qui recolle les morceaux avec celui qui l’a fabriqué. Réjouissons-nous tout de même : larmes et musique pop ont toujours su cohabiter. Et parfois même mettre au monde de sacrés bons albums.

Baxter Dury (Site officiel / Facebook / Twitter / Instagram / Youtube)

Baxter Dury, Prince of Tears, 2017, [PIAS] Le Label, 29 min., Artwork par Tom Beard (photo) & Alex Cowper (design)

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