À travers le prisme de : Splash Wave


Le trio Splash Wave, biberonné aux mêmes vitamines rétro et synth-wave 80 que leurs contemporains nantais du collectif Valérie (College, Anoraak, Minitel Rose…), affirme faire de la « dood-wave ». Néologisme novateur pour dire mélodies ornementées de doux synthétiseurs. Parce qu’ils seront ce jeudi 10 septembre à l’affiche de la soirée de leur boîte de management Hello Acapulco (aux côtés de Marble Arch, Rendez-Vous et Venera 4), organisée au Divan du Monde, c’est à travers le prisme de Cyril de Splash Wave, grand connaisseur du genre, que nous considérons aujourd’hui la pochette d’album.

Splash Wave - Le Podium #2

D’abord, qui es-tu ?

Cyril, Splash Wave.

LA pochette d’album mythique, pour toi, c’est laquelle ?

Bon je crois que je le vais faire par rapport aux disques j’ai dans ma collection, ça sera probablement plus simple. Du coup, je sais pas trop ce qu’on entend par mythique, mais à priori je pense à des gros incontournables comme Hypgnosis / Peter Saville / du Pettibon ou je sais pas quoi encore. Des trucs hypers connus de tous. Mais en fait je crois que je vais dire celle-là, qui est assez spéciale pour moi. (Squirrel Bait, 1st EP sur Homestead en 85, post hardcore avec David Grubbs (Bastro, Gastr Del Sol…), Brian McMahon et Britt Walford (Slint) + Clark Johnson (Bastro).

La pochette d’album que tu trouves la plus belle ?

Sparks, When I’m With You.

Et la plus laide ?

Je pense assez naturellement aux albums pop de Jim O’Rourke illustrés par l’artiste japonaise Mimiyo Tomozawa. Eureka et Insignificance du coup, qui sont assez indissociables. Je pense naturellement à ça parce que me rappelle que j’ai eu un des dessins issus de l’inlay de je sais plus lequel des deux en t-shirt et qu’on me faisait toujours la réflexion que c’était hyper moche (en dehors d’être quand même un peu borderline). C’est probablement laid ok, mais c’est du laid dont je suis assez fan.

Du coup c’est une réponse un peu biaisée, et si je devais me mouiller un peu là, je crois que, vu que j’écoute à fond Pavement en ce moment, je dirais qu’ils ont quand même eu des pochettes d’album très dégueux. Y’a vraiment que Brighten the Corners que je trouve super cool, et Wowee Zowee avec sa référence à Guru Guru. Cela dit j’ai toujours cru que c’était des singes dessus, et j’ai été choqué de voir la vraie ref du truc (via popisonfire) donc du coup je suis un peu paumé.

Récemment, y en a t-il une qui t’a marqué ?

C’est plus très récent, mais j’ai vu ça chez mon disquaire en début d’année. Je crois que ça m’a marqué.

Empire Bakuba

Mais j’ai beaucoup aimé celle du dernier VALET aussi :

Valet - Nature

L’artiste / le groupe le plus cohérent d’un point de vue visuel ?

Stereolab. À fond. Leurs pochettes, c’est pas loin d’être un sans faute graphique, et la cohérence vis à vis de leur musique est irréprochable // quelques soit leurs périodes (du krautpop noise aux trucs plus easy listening).

Le dernier concert qui t’a marqué ?

J’aurais préféré répondre autre chose, un truc plus original, mais bon… RIDE, en faisant abstraction du chapeau de Mark Gardener, c’était énorme. Voir enfin « Leave Them All Behind » en live, c’était assez fou. D’ailleurs la pochette de Nowhere est aussi magnifique que celle de Going Blank again est laide. C’est notable.

La dernière expo qui t’a marqué ?

Dernièrement, je saurais pas dire mais peut être parce qu’il n’y a pas d’expo qui m’ait le plus marqué depuis PLAYBACK au MaM en 2007. Ça remonte, mais c’était une passerelle de l’Art Contemporain vers la Musique pop vraiment intéressante avec une très bonne sélection de clips et un catalogue d’expo pour une fois digne d’un intérêt complémentaire.

Si tu devais associer un créateur de sons et un créateur d’images au service d’une pochette d’album, sur quelle association fantasmerais-tu ?

Banksy et U2 définitivement (enfin l’inverse. Quoique…)
Ou Salut Brioche & Turbo Island.

La pochette d’un disque peut-elle influencer ta manière de l’écouter ?

Étant quelqu’un de fondamentalement superficiel, je dirais qu’hélas oui.

Pourquoi va-t-on entendre parler de toi très prochainement ?

Parce que les médias français vont découvrir qu’on a participé à la production du dernier Miley Cirus sous couvert d’une usurpation d’identité. Et aussi on joue au Divan du Monde le 10 septembre, et au Petit Bain à Paris le 22 Septembre.

Splash Wave (Facebook)

Visuel : (c) Le Podium #2

Vous aimerez aussi

À travers le prisme de : Møme Le gosse Jérémy Souillart ne s’en sort finalement pas si mal dans la vie d’adultes. D’abord, parce que dans la lignée de ses artistes (en gros : les sorties Nowadays en France et de Futur Classic à l’...
À travers le prisme de : Elektro Guzzi À l'image de ce que font en France les deux membres de Cabaret Contemporain (avec qui l'on avait d'ailleurs, pas de hasard, déjà échangé quelques mots sur Néoprisme), les trois autrichiens d'Elektro G...
À travers le prisme de : Blow Il y a quelques mois, et alors que l'on répondait à l’invitation des camarades de La Nuit Nous Attendra, qui investissaient alors le plateau média de La Gaîté Lyrique pour une émission live, on avait ...
À travers le prisme d’Agar Agar Un jour, en trainant sur Soundcloud, un son retient l’attention. Ça arrive souvent, mais là, vraiment, on reste dans le coin. Et comme souvent sur le réseau social orangé (et pas en super forme financ...
À travers le prisme de : Good Morning TV De ce côté-là de la planète, la petite sensation pop-noise-shoegaze de l'été se nomme Good Morning TV. Et c'est une bien bonne chose, que l'on nous propose, au lever du jour, autre chose à se mettre s...
À travers le prisme de : Basile di Manski Dans un ciel brumé mais quand même clair, un dauphin s’échappe, et c’est inhabituel, d’une peau de banane ouverte, comme le poussin s’échappe de l’oeuf dans lequel son petit corps fragile s’est formé ...

Comments

comments