À travers le prisme de : Be Quiet


On avait découvert Be Quiet il y a un peu plus d’un an par le biais d’Affliction, cet EP brillant quoiqu’assombri porté par quelques petits tubes dont les noms disaient à la fois leur versant pop et leur versant noir (« Affliction », « Zelda », « Gotham »), un EP qui conciliait déjà deux contraires complémentaires : la chaleur abrasive du shoegaze et la froideur contagieuse de la new wave. Parce qu’ils sortent aujourd’hui Balek, un second EP qui pourrait presque, parce qu’il comporte tout de même 7 morceaux, faire office de mini-album, c’est à travers le prisme de Lou, guitariste et graphiste attitré du groupe bordelais, que l’on considère aujourd’hui la pochette d’album.

Be Quiet x Lou Whitechapel - Balek

D’abord, qui es-tu ?

Je suis Lou, guitariste dans le groupe bordelais Be Quiet. Je fais des études de graphisme sur Paris.

LA pochette d’album mythique, pour toi, c’est laquelle ?

La pochette d’album mythique pour moi c’est celle de l’album Elephant des White Stripes.

The White Stripes - Elephant

La pochette d’album que tu trouves la plus belle ?

C’est difficile de choisir ! Mais ma pochette préférée je crois que c’est celle de Glider de My Bloody Valentine; mais je pense que mon avis est un peu biaisé par le fait que j’adore la musique de ce groupe. Sinon de manière plus générale, j’aime beaucoup les pochettes d’Evan Parker ainsi que celles réalisées par le graphiste suisse Josef Müller-Brockmann pour divers enregistrements symphoniques.

My Bloody Valentine - Glider

Et la plus laide ?

La plus laide pour moi c’est celle de Selected Ambient Works Vol.2 de Aphex Twin. Dégueulasse !

Aphex Twin - Selected Ambient Works Vol.2

Récemment, y en a t-il une qui t’a marqué ?

Oui, celle de l’album Centers of Distraction de Cassegrain m’a positivement marqué.

Cassegrain - Centres of Distraction

Le dernier concert qui t’as marqué ?

Et bien justement, Cassegrain & Tin Man en live à l’iBoat.


La dernière expo qui t’as marqué ?

Je suis allé à Bilbao la semaine dernière pour l’exposition de Basquiat au Guggenheim, c’était incroyable.

jean-michel-basquiat-nows-the-time-guggenheim-bilbao-005

Si tu devais associer un créateur de sons et un créateur d’images au service d’une pochette d’album, sur quelle association fantasmerais-tu ?

Je crois que le peintre allemand Gerhard Richter et Boards of Canada auraient pu produire quelque chose de fabuleux. Il y’a une série de peintures de flou noir et blanc que ce peintre a réalisé que je trouve juste magnifique et qui je pense, aurait pu coller parfaitement avec l’esthétique sonore de Bords of Canada. D’ailleurs la couverture de l’album Daydream Nation de Sonic Youth a été réalisée par le même artiste.

Gerhard Richter

Sonic Youth x Gerhard Richter - Daydream Nation

La pochette d’un disque peut-elle influencer ta manière de l’écouter ?

C’est certain. La relation entre l’image et le son me paraît être hyper importante. Un visuel particulier plonge directement dans une ambiance, on a souvent une idée de comment un album va sonner par rapport à son image. C’est comme rencontrer une nouvelle personne, si elle est moche et qu’elle pue, tu vas inconsciemment penser que la communication va être difficile, même s’il s’avère que c’est le contraire. Il m’est arrivé plus d’une fois d’aller vers un groupe dont je ne connaissais rien musicalement mais dont les visuels me plaisaient tellement, que je me suis convaincu que le contenu allait me plaire. Parfois ça marche, parfois pas. Après, tout cela n’est pas une évidence; il n’y a rien d’obligatoire à devoir absolument faire correspondre un visuel avec de la musique, il s’agit dans ce cas là de deux systèmes différents dans lesquels par exemple le visuel peut être une entité à part entière, juste un élément graphique plutôt qu’une façade identitaire. Il m’arrive très souvent de juste m’inspirer d’une image pour composer un morceau.

Pourquoi va-t-on entendre parler de toi très prochainement ?

On va entendre parler de nous surtout, le groupe dans lequel je joue, BE QUIET, vient tout juste de sortir un mini-album intitulé BALEK. Il y a aussi un clip qui est sorti sur l’une des chansons appelée « Ichor ». On va jouer un peu partout et avons beaucoup de choses à vous montrer très prochainement.

Be Quiet (Site officielFacebook / Twitter / YouTube / SoundCloud / Instagam)

Be Quiet, Balek, 2015, 27 min., pochette par Lou Whitechapel

Vous aimerez aussi

À travers le prisme de : Møme Le gosse Jérémy Souillart ne s’en sort finalement pas si mal dans la vie d’adultes. D’abord, parce que dans la lignée de ses artistes (en gros : les sorties Nowadays en France et de Futur Classic à l’...
À travers le prisme de : Elektro Guzzi À l'image de ce que font en France les deux membres de Cabaret Contemporain (avec qui l'on avait d'ailleurs, pas de hasard, déjà échangé quelques mots sur Néoprisme), les trois autrichiens d'Elektro G...
À travers le prisme de : Blow Il y a quelques mois, et alors que l'on répondait à l’invitation des camarades de La Nuit Nous Attendra, qui investissaient alors le plateau média de La Gaîté Lyrique pour une émission live, on avait ...
À travers le prisme d’Agar Agar Un jour, en trainant sur Soundcloud, un son retient l’attention. Ça arrive souvent, mais là, vraiment, on reste dans le coin. Et comme souvent sur le réseau social orangé (et pas en super forme financ...
À travers le prisme de : Good Morning TV De ce côté-là de la planète, la petite sensation pop-noise-shoegaze de l'été se nomme Good Morning TV. Et c'est une bien bonne chose, que l'on nous propose, au lever du jour, autre chose à se mettre s...
À travers le prisme de : Basile di Manski Dans un ciel brumé mais quand même clair, un dauphin s’échappe, et c’est inhabituel, d’une peau de banane ouverte, comme le poussin s’échappe de l’oeuf dans lequel son petit corps fragile s’est formé ...

Comments

comments